jeudi 25 juin 2015
vendredi 5 juin 2015
lundi 25 mai 2015
Pentecôte à Djibouti
1 Le jour de la Pentecôte étant arrivé, ils
étaient tous d’un accord dans un même lieu.
2 Alors il vint tout à coup du ciel un bruit comme celui d’un vent qui souffle avec impétuosité ; et il remplit toute la maison où ils étaient.
3 Et il leur apparut des langues séparées, comme de feu, et qui se posèrent sur chacun d’eux.
4 Et ils furent tous remplis du Saint–Esprit, et ils commencèrent à parler des langues étrangères, selon que l’Esprit les faisait parler.
5 Or, il y avait en séjour à Jérusalem des Juifs, hommes pieux, de toutes les nations qui sont sous le ciel.
6 Et ce bruit ayant eu lieu, il s’assembla une multitude, qui fut confondue de ce que chacun les entendait parler dans sa propre langue.
7 Et ils en étaient tous hors d’eux–mêmes et dans l’admiration, se disant les uns aux autres : Ces gens–là qui parlent, ne sont–ils pas tous Galiléens ?
8 Comment donc les entendons–nous chacun dans la propre langue du pays où nous sommes nés ?
9 Parthes, Mèdes, Élamites, et ceux qui habitent la Mésopotamie, la Judée, la Cappadoce, le Pont et l’Asie,
10 La Phrygie, la Pamphylie, l’Égypte, les quartiers de la Lybie qui est près de Cyrène, et les étrangers romains,
11 Juifs et Prosélytes, Crétois et Arabes, nous les entendons parler en nos langues des merveilles de Dieu.
12 Ils étaient donc tous étonnés, et ne savaient que penser, se disant l’un à l’autre : Que veut dire ceci ?
13 Et d’autres se moquant, disaient : C’est qu’ils sont pleins de vin doux. Actes ch 2.
Il est bien
probable que dans les débuts du christianisme des personnes abattues,
découragées, mal préparées, peu instruites, un peu sentimentales ou rêveuses,
qui se sentaient sans doute un peu à l’étroit dans leur religion ; un peu
à l’étroit dans leur cadre de vie routinier, un peu coincés pourrait- on
dire ; il est fort à parier que de telles personnes se sont senties
pousser des ailes ; non pour devenir des anges, mais pour changer d’air
radicalement.
Notre foi en ce souffle n’est pas l’enfermement de la secte, elle n’est pas l’embrigadement dans une religion dominatrice, elle n’est pas réservée au petit nombre des initiés et des religieux, elle est au service d’un projet de vie, pour nous mêmes pour nos enfants et pour celles et ceux qui s’approchent sans trop savoir mais qui ne resteront pas insensibles à un avenir plein de promesses.
2 Alors il vint tout à coup du ciel un bruit comme celui d’un vent qui souffle avec impétuosité ; et il remplit toute la maison où ils étaient.
3 Et il leur apparut des langues séparées, comme de feu, et qui se posèrent sur chacun d’eux.
4 Et ils furent tous remplis du Saint–Esprit, et ils commencèrent à parler des langues étrangères, selon que l’Esprit les faisait parler.
5 Or, il y avait en séjour à Jérusalem des Juifs, hommes pieux, de toutes les nations qui sont sous le ciel.
6 Et ce bruit ayant eu lieu, il s’assembla une multitude, qui fut confondue de ce que chacun les entendait parler dans sa propre langue.
7 Et ils en étaient tous hors d’eux–mêmes et dans l’admiration, se disant les uns aux autres : Ces gens–là qui parlent, ne sont–ils pas tous Galiléens ?
8 Comment donc les entendons–nous chacun dans la propre langue du pays où nous sommes nés ?
9 Parthes, Mèdes, Élamites, et ceux qui habitent la Mésopotamie, la Judée, la Cappadoce, le Pont et l’Asie,
10 La Phrygie, la Pamphylie, l’Égypte, les quartiers de la Lybie qui est près de Cyrène, et les étrangers romains,
11 Juifs et Prosélytes, Crétois et Arabes, nous les entendons parler en nos langues des merveilles de Dieu.
12 Ils étaient donc tous étonnés, et ne savaient que penser, se disant l’un à l’autre : Que veut dire ceci ?
13 Et d’autres se moquant, disaient : C’est qu’ils sont pleins de vin doux. Actes ch 2.
Elles se sont
senties promises à un avenir inattendu. Elles se sont dits : pourquoi pas
nous ? Ou plutôt n’est-ce pas à nous, pour nous, avec nous que le prophète
de Galilée continue de vivre, comme s’il nous pousse encore et plus que jamais
à aller dire une grande nouvelle : il est possible de vivre avec amour,
avec espérance ; avec lui il est possible de « commencer à chaque
instant un nouvel avenir » Il est possible de recommencer sans cesse, de
repartir et de franchir l’essoufflement de la vie par une charge nouvelle, une
énergie nouvelle pour affronter une création nouvelle !
Dieu comme
-souffle- Dieu comme énergie vitale, comme élan vital, qui pousse à une
rencontre avec les autres avec des autres divers et différents.
C’est cette
définition cette marque de la réalité de Dieu qui sera la nôtre ce matin pour
ce temps de Pentecôte. Il n’y a pas de religion dans laquelle on nous dit que
Dieu est comme un vent qui vient aérer et faire en quelque sorte un magistral
courant d’air. D’habitude les atmosphères religieuses sont confinées voire
enfermées sous le prétexte qu’il faut protéger et séparer ce qui serait sacré
de ce qui serait profane. La présence de Dieu est fermée comme par exemple au
temple Jérusalem lors qu’il existait et circonscrite au Saint des saints une
pièce vide dans laquelle on ne pouvait pas entrer. Les Eglises ou les temples
ou les mosquées ne sont pas ouvertes au tout venant au tout passant par peur
légitime souvent de dégradation, mais l’idée que ces lieux ne sont pas
accessibles sauf au heures autorisées, dit que la religion c’est préservée
comme si cela était fragile. Comme si Dieu avait besoin de cadre d’espace clos
et réservé aux spécialistes, aux croyants.
Dans la période
qui s’ouvre le jour de la Pentecôte, la présence de Dieu n’est plus et ne sera
plus enfermée : c’est cela au fond l’esprit saint comme l’image de la
langue de feu peu maîtrisable, comme une
présence qui fait agir et qui fait parler hors du cadre habituel. Un peu comme
le Buisson ardent de Moïse qui brûle et ne se consume pas et qui donne du sens
et qui envoie vers une autre destination.
Ce sera
finalement le sens et la destination de tous les pèlerins de tous les
temps ; il s’agit de partir à la découverte il s’agit de se rassembler en
plein air dans un endroit différent qui peu à peu va devenir à son tour
habituel et traditionnel. On devrait célébrer le culte de Pentecôte toujours
ailleurs. On devrait célébrer le culte de Pentecôte avec des gens différents et
variés ceux qui ont l’habitude et ceux qui ne sont pas habitués. Bref on
devrait au moins célébrer la Pentecôte au moins sur le seuil des temples des
églises et des synagogues.
Le jour de la
première Pentecôte celle qui est décrite dans le livre des Actes des Apôtres a
lieu à Jérusalem ; elle est la rencontre des représentants des peuples
connus d’origines juives plus ou moins croyants venus là célébrer dans un
pèlerinage traditionnel le don de la loi, des tables de la Loi à Moïse sur le
mont Sinaï. C’était une coutume ; on était peu ou pas pratiquant mais
finalement de temps en temps il était bon de souvenir d’où on venait ; il
était utile de prendre conscience de ce qui relie entre eux toutes ces
personnes aux cultures si différentes aux langues si étranges les unes pour les
autres ; un vaste rassemblement annuel où on venait faire le service
minimum de la religion sans rencontrer vraiment les autres.
Simplement
participer ensemble à un souvenir commun. Au fond ils venaient prendre l’air,
le grand air comme dans tout déplacement mais ils venaient célébrer en quelque
sorte une réalité immuable ; le don, une fois pour toute, de la loi
divine. On veut bien se déplacer à condition qu’au moins Dieu ou sa Parole ne
change pas et reste identique à ce qu’on croit à ce qu’on a connu à ce qu’on
nous a enseigné.
Pentecôte
sera la prise de conscience inattendue non pas d’un souvenir, non pas d’un
culte commun non d’un pèlerinage traditionnel mais la prise de conscience d’une
présence, d’un élan et d’un souffle qu’on ne connaissait pas. On avait entendu parler de Dieu ; on
avait reçu une forme de catéchisme, on savait que les ancêtres y avaient cru et
on voulait être fidèle à leur souvenir comme on le fait dans toute
commémoration.
Ce jour là un
violent coup de vent passe sur eux, remplit la maison balaie la grande place et
le temple et le miracle de la communication réussie s’opère ; la relation
s’établit les uns avec les autres. Grâce à cet air frais, au courant d’air
divin, je me mets à comprendre mon voisin, ma femme mon mari, mes parents, même
mon fils et ma fille, mon père et même ma mère ; soudain Dieu où la
Présence où celui est le nom au-dessus de tout nom devient non un objet non une
croyance non un mythe, non une réalité au-dessus de toute réalité, il devient
ce qui existe lorsque je me mets à comprendre l’autre. Le vis à vis le
prochain, celui d’à-côté devient celui ou celle par lequel par laquelle, je me
mets à comprendre Dieu lui-même.
Où encore Dieu
n’est plus ici celui qui demande et exige il n’est plus celui qui se réduit à
l’application d’une loi même morale ;
il est et devient celui qui me fait dire comme dans le texte de la
Pentecôte : Comment se fait-il que j’entende les autres si bien qu’on
croirait qu’ils s’expriment dans ma langue maternelle. Comment se fait que ce
qui m’est le plus personnel et le plus proche, ma langue maternelle devienne
universelle.
Certains pensent
et croient que pour parler de Dieu il faut employer une langue particulière
qu’il viendrait de temps à autre insuffler à ses disciples comme pour les
assurer et leur donner confiance : les pentecôtistes de toutes sortes
pensent et croient cela… est-ce bien
nécessaires et utiles… ne vaut-il pas mieux découvrir et croire en la force et
la pertinence d’une parole qui soudain passe et se fait entendre et se fait
comprendre.
Le souffle de
Dieu qui fait vivre est présent quant soudain, quelqu'un entend et comprend ce
que l’autre veut dire ; il est présent ce Dieu de la Pentecôte lorsque
chacun exprime dans sa propre langue cette vie cet amour et cette espérance que
le Souffle vient de déposer. Finalement ce sont les autres qui nous parlent de
Dieu sans que nous les écoutions et les entendions ; ce sont les autres
qui nous révèlent l’essentiel ; ce n’est pas en moi que réside
l’essentiel. Et nous le savons bien : se comprendre et vivre de cette
compréhension n’est pas chose simple pour chacune et chacun de nous, comme dans
nos familles, comme dans nos pays, comme au sein des religions comme entre les
cultures humaines ; or chaque fois que cela se passe alors la présence de
Dieu est à l’œuvre ; chaque fois que je suis un réceptacle attentif chaque
fois que je souhaite découvrir la valeur et la présence de l’autre alors, il se
passe du divin ; alors s’élève et s’élèvera toujours une question toujours
la même : qu’est ce que cela veut dire ? - qui est la question de la
présence efficace- de Dieu parmi nous.
Nous sommes
promis à la réalité et à l’espérance de la Pentecôte, particulièrement les plus
jeunes parmi nous, qui ont besoin de nous comme nous de leur question et de
leur découverte.
Nous sommes tous
promis non au confinement à l’enfermement du religieux mais au grand vent du
large, au grand vent qui vient aussi du désert ; notre espérance c’est
celle du souffle de Dieu qui nous relie, nous mettons en relation avec les
autres seules garanties de la présence de Dieu.
Notre foi en ce souffle n’est pas l’enfermement de la secte, elle n’est pas l’embrigadement dans une religion dominatrice, elle n’est pas réservée au petit nombre des initiés et des religieux, elle est au service d’un projet de vie, pour nous mêmes pour nos enfants et pour celles et ceux qui s’approchent sans trop savoir mais qui ne resteront pas insensibles à un avenir plein de promesses.
Le pain et le
vin seront pour toujours les marques de ce souffle et de cette présence. Le
pain est pain et le vin est vin ; leur vraie réalité est de pouvoir être
partager comme un signe de vie et d’espérance. Chacun chacune alors peut
comprendre et croire ce qui se passe dans ce signe simple et portant essentiel.
Des photos d'Istanbul
Des photos de Djibouti et centre paroissial en travaux
Encore Djibouti ?
lundi 18 mai 2015
Accompagner les personnes et les couples, un pas de plus :
Au terme d’un processus de
réflexion et de débat mené depuis 18 mois dans toute l’Eglise, le Synode
national de l’Eglise protestante unie de France réuni à Sète a décidé d’élargir
les possibilités d’accompagnement liturgique des personnes et des couples.
Au cœur
d’une décision de quatre pages, il a notamment adopté le paragraphe
suivant :
« Le Synode est soucieux à la fois de permettre que les
couples de même sexe se sentent accueillis tels qu’ils sont et de respecter les
points de vue divers qui traversent l’Église protestante unie. Il ouvre la
possibilité, pour celles et ceux qui y voient une juste façon de témoigner de
l’Évangile, de pratiquer une bénédiction liturgique des couples mariés de même
sexe qui veulent placer leur alliance devant Dieu. ».
Une telle
bénédiction est bien une possibilité ouverte. Elle n’est ni un droit, ni une
obligation. En particulier elle ne s’impose à aucune paroisse, à aucun pasteur.Les débats
qui concernent les couples de même sexe sont souvent passionnés et exclusifs.
Au-delà des arguments échangés, ils mettent aussi en jeu les histoires,
personnelles, intimes et familiales.
Le synode a
mené ses travaux avec le souci prioritaire des personnes et guidé par la
volonté d’être témoin de l’Evangile de Jésus Christ :
« Nous
trouvons la source de notre joie dans le « oui » premier que Dieu (…) pose sur
nous en Jésus-Christ. Telle est la bénédiction qui fonde nos existences.
Partager cette joie en étant à notre tour, porteurs de bénédiction pour les femmes et les hommes
d’aujourd’hui, telle est notre vocation. »
Sète le 17
mai 2015 à 11h00
jeudi 14 mai 2015
Expo étonnante à Paris !
mardi 5 mai 2015
Visite et culte à Copenhague
Dimanche 3 mai à l'occasion de la rencontre européenne des Eglises francophones.

La vigne a fasciné toutes les cultures et religions du bassin méditerranéen : en effet, elle implique une relation nécessaire avec le soleil ; une proximité avec lui, en est la condition première comme si la vigne n’était ni le fruit du hasard ni du n’importe où. Fascination aussi car son fruit bon en lui-même, peut encore être transformé en breuvage énergétique, précieux, savoureux de mille manières, troublant jusqu’à l’ivresse, jadis assimilée au monde des Dieux. La vigne et son produit, fruit à la fois, de la terre et du travail des hommes sont devenus les marqueurs de cultures et de religions.
Lectures : Esaie 5, 1-7. Jean 15, 1-9 Matthieu 21, 33-46
La vigne, les ceps et les sarments, les fruits, le
vin sont les supports, les images les
métaphores pour dire comment Dieu agit, rencontre, attend, espère et désespère.
La vigne a fasciné toutes les cultures et religions du bassin méditerranéen : en effet, elle implique une relation nécessaire avec le soleil ; une proximité avec lui, en est la condition première comme si la vigne n’était ni le fruit du hasard ni du n’importe où. Fascination aussi car son fruit bon en lui-même, peut encore être transformé en breuvage énergétique, précieux, savoureux de mille manières, troublant jusqu’à l’ivresse, jadis assimilée au monde des Dieux. La vigne et son produit, fruit à la fois, de la terre et du travail des hommes sont devenus les marqueurs de cultures et de religions.
Israël et ses anciennes traditions utilisent la réalité de
la vigne du vignoble et de ses fruits. Dès les premières pages de la Bible on
nous dit que Noé premier agriculteur,
planta une vigne, il en but le vin, s’enivra et se trouva nu à l’intérieur de
sa tente (Gen. 9, 20).et ses fils durent déployer pudiquement son manteau pour
cacher tout cela. La vigne c’est aussi central dans les banquets, c’est la réalité
et la possibilité d’une expérience troublante où la vie et la mort se mêlent,
mais c’est aussi la fête par la vendange et ses débordements, c’est aussi
l’échange et la richesse par le commerce. Bref la vigne et ses fruits sont les
supports possibles d’expériences fortes, limites, divines. Il n’est donc pas
étonnant que les fruits de la vigne soient admirés et craints à la fois, utilisés ou interdits par les religions.
2
grands chemins
sont repérables dans les traditions bibliques à propos de la vigne ; le
premier est celui de l’identification du
peuple d’Israël avec la vigne celle que
Dieu s’est choisie que Dieu a aimé et qui a déçu, c’est celui d’Esaie ; Le
2° chemin est celui de Jean et de l’identification de Jésus avec la vraie vigne. Ce qui rassemble et
réunit ces deux chemins c’est l’affirmation et la conviction que Dieu est le
vigneron. La parabole des métayers révoltés, qui est l’évangile de ce jour (Matth. 21,33-42) est un essai pour rassembler et unir ces deux
voies.
Dans
cette parabole je voudrai ce matin en relever en souligner quelques aspects qui
seront pour nous parole de vie et espérance, qui seront encouragements et
exigences qui seront pour nous breuvage et nourriture comme dans le repas
préparé et partagé.
La
vigne c’est le peuple de Dieu ce sont celles et ceux qui appartiennent au
Seigneur et qui se reconnaissent en lui. Il planta une vigne, l’entoura,
creusa, bâtit et la donna. La vigne est la part la parcelle le lot du Seigneur.
La vigne ne possède pas le propriétaire, elle ne possède rien elle est possédée
par lui.
L’Eglise ne possède rien, les chrétiens ne
sont pas les propriétaires de l’Eglise, ni de Dieu, ni des Ecritures. Les juifs
ne possèdent pas la Thora ! Les musulmans ne possèdent pas le Coran !
Alors que nous sommes si prompts a élevé des clôtures pour nous protéger des
menaces qui croyons-nous, nous guettent, voici que l’évangile nous dit que le
Seigneur s’en occupe et qu’il est le propriétaire qui prend soin de sa
propriété pour laquelle il manifeste attention vigilance et amour.
La
vie chrétienne c’est ici la certitude que nous avons été plantés choisis,
protégés et qu’il est mis à notre disposition comme un prêt sans intérêt, ce
dont nous avons besoin pour vivre notre foi et notre vie sans crainte, dans rien
défendre en acceptant d’être là en fermage en location pour d’autres, pour les
autres et pour Dieu. Etre là pour Dieu c’est le recevoir comme propriétaire
sans accaparer ce qu’il donne.
Le
propriétaire partit en voyage. C’est le Tsimtsoum juif. Le fait que Dieu après
la création en réalité se retire et laisse place à l’humain….
Nous
aimons bien que Dieu à la rigueur nous accompagne ; nous pensons et
croyons qu’il est toujours là qu’il est toujours présent. Et voici qu’ici le
Seigneur partit en voyage, des variantes dans des paraboles nous disent même,
qu’il partît au loin dans des pays lointains. F/S Il arrive que Dieu s’éloigne
et qu’il nous laisse là non pas livrer à nous-mêmes mais avec ce qu’il nous a
laissé. Dieu ne nous surveille pas sans cesse, il nous laisse parfois seul,
libre et responsable de ce qu’il a préparé ; Nous aimons croire qu’il est
à notre disposition et le voici ailleurs, sans doute pour d’autres ou avec
d’autres. Mais que fait Dieu ? où
est votre Dieu ? ne pourrait-il pas intervenir, voyez tout ce qu’il laisse
faire ! Oui il laisse faire ce que nous ne faisons pas suffisamment ;
oui il est momentanément indisponible pour nous ; prière de ne pas
déranger, injoignable provisoirement pour que nous existions comme ses fils et
ses filles adultes dans la vie de la foi.
Le
Seigneur est parti tranquille et confiant, il a fait ce qu’il fallait faire avant de
partir ; il n’est plus là mais il se souvient ; ce qui caractérise la
vigne comme les blés ou les arbres c’est bien la récolte, la vendange ou la
moisson. Certes dans la parabole il y eut bien vendange, la récolte
précieuse a eu lieu mais elle n’est pas
revenue à son destinataire ; les héritiers de la promesse n’ont pas
respecté le contrat, ils ont compris l’absence du maître comme une bonne
aubaine.
Ils
se sont servis au lieu de servir. C’est ce qui est sans doute aujourd’hui le plus
menaçant et le plus courant. C’est souvent aussi la marque des religions :
c’est ce détournement du fond, c’est le refus de rendre à qui de droit, refus de
rendre grâce, gloire, refus de rendre ce qui a été reçu comme si cette
captation d’héritage allait nous accroître notre vie notre être, notre Eglise,
notre foi. Là encore capter l’héritage c’est croire que nous pourrions être les
seuls dépositaires de ce que Dieu fait et dit pour les hommes.
Selon
l’Evangile, faire la vendange c’est
rendre la vendange. Agir dans l’Eglise, vivre notre foi dans notre travail,
dans notre famille, dans toute notre vie, ce n’est pas d’abord convaincre les
autres les ramener à nous, mais leur montrer que rendre service c’est bien
rendre quelque chose, donner ce qui ne nous appartient pas, à quelqu’un qui est
peut être parti en voyage et qui ne nous menace de rien du tout. Donner un sens
à sa vie selon l’Evangile c’est redonner,
restituer et c’est cette restitution cette grâce rendue qui donne du prix à nos
gestes nos paroles et à nos vies.
Dieu
parfois est pris par sa propre audace ; sa confiance est bien souvent
déçue les métayers s’occupent mal de la vigne. Ils veulent être héritiers et
posséder et sont prêts pour cela à tout : tuer les envoyés du Maître, tuer
les prophètes, tuer le fils. Aujourd’hui nous dirions : tuer la liberté,
tuer l’amour, tuer la vie ! La violence ne caractérise pas notre temps. La
mort de Jésus est signe de ce refus de rendre, elle est signe de cette
incapacité de croire que Dieu peut
parler un autre langage que le nôtre.
Par
Jésus, Dieu parle une nouvelle langue, un nouveau langage qui est désormais
accessible au plus grand nombre et qui dépasse et franchit les frontières de la
race du clan et même de la foi habituelle et sans cesse répétée et ritualisée
dans la fidélité de son propre peuple.
En
voyage le Seigneur a appris toutes les langues des hommes ; il a découvert
si j’ose parler ainsi, que sa vigne n’était pas réservée aux métayers habituels
et que d’autres serviteurs étaient intéressés par ce travail si particulier de
planter de nouveaux ceps de remplacer les anciens, de creuser de nouvelles
idées de nouvelles actions, de veiller sûr la fragilité de ses serviteurs.
Réapprenons sans cesse avec l’aide de Dieu à rendre ce qui a été donnée, à
transmettre ce qui a été reçu, à élargir nos cordages, à ouvrir nos esprits et
nos cœurs, à vivre de la promesse plutôt que d’héritage.
Au
cœur de cette violence des hommes Dieu va trouver la force et le courage de
bâtir à nouveau et de planter encore. La mort du fils va devenir la pierre
d’achoppement pour celles et ceux qui ont une image de Dieu trop grandiose et
trop sacrée ; elle va devenir la pierre angulaire, la pierre d’angle, sur
qui va reposer une nouvelle
construction, d’une nouvelle vigne, de nouveaux serviteurs sur
qui vont reposer de nouvelles relations qui produiront de nouveaux fruits.
Cette
nouvelle vigne manifestera une promesse d’amour dira l’ev. Jean entre le cep et
les sarments ; je ne vous laisserai pas orphelins et même si je pars
ailleurs sachez que je viens à vous !
La
vigne réclame beaucoup de soins elle peut produire le meilleur et le
pire ; le maître de la vigne est exigeant sur la qualité, il nous laisse
libre et responsable et nous propose encore aujourd’hui de vivre en relation
avec lui et de vivre nos vies comme un cadeau, une récolte qu’il vient recevoir
avec plaisir et reconnaissance.
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